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Manifestement, l’appendice nasal a été soumis aux préjugés… Chez l’être humain, le flair demeure une histoire d’intuition et d’intelligence déductive. Mais une affaire d’odorat, point.

Ce talent est d’ordinaire l’apanage des canidés ou des cochons truffiers. Or de récentes découvertes bousculent ces postulats. Selon le professeur John McGann, du laboratoire de neurosciences de l’université de Rutgers (New Jersey), l’odorat humain serait aussi puissant que celui du chien. « Les faibles capacités olfactives de l’homme sont un mythe », écrit-il dans la revue Science.

Un mythe entretenu par les philosophes tels que Malebranche ou Kant, mais également par Freud, pour lesquels l’odorat avait plutôt mauvaise presse : considéré comme animal et primaire, il s’opposait à la raison, à la nature sociale de l’être humain. Et quand l’anthropologue Paul Broca déclara au xixe siècle que la taille du bulbe olfactif déterminait le potentiel du flair, les dés furent jetés pour quelques décennies.

Chez la souris, le bulbe olfactif occupe en effet 2% du cerveau, chez le chien 0,31% et chez l’homme 0,01%. En réalité, il n’en est rien, des chercheurs de la Rockefeller University ont calculé que l’on pouvait discerner des milliards d’odeurs différentes, ce qui est bien loin des 10 000 communément admises.

Quant à pouvoir suivre une piste comme un limier à quatre pattes, là aussi, c’est possible. Des étudiants de l’université de Berkeley ont fait le test, le nez dans le gazon. Ils ont su s’orienter uniquement guidés par leur odorat.

Demeure que les pouvoirs olfactifs du chien et de l’homme diffèrent car ils sont conditionnés par leur environnement et leurs besoins. Forcément, le premier sera doué pour sentir l’urine et le second, champion pour les arômes du vin… Depuis que le nez revient en odeur de sainteté, que laisser parler ses sensations relève du bien-être, il est probable que d’autres recherches étayeront les vertus et le potentiel de l’odorat. Dans certains traumas, on sait déjà que les senteurs aident à retrouver la mémoire.

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