La dépression chez l’être humain est un véritable fléau dans notre monde moderne. En France, on estime que près d’une personne sur cinq a souffert ou souffrira d’une dépression au cours de sa vie.

Le chiffre communiqué par l’OMS confirme cette progression : plus de 300 millions de personnes dans le monde souffrent de dépression et représente le 1er facteur de morbidité et d’incapacité sur le plan mondial (communiqué de mars 2017).

La recherche dans la compréhension et le traitement de cette maladie passe par les modèles d’animaux. Diverses espèces sont utilisés lors de ces études, dont des primates et rongeurs.

Mais en utilisant ces animaux comme modèle, avons-nous les conditions idéales ou les réponses parfaites pour valider l’efficacité d’un traitement à base d’une molécule spécifique pour la dépression chez l’être humain ?

Symptômes de la dépression chez les animaux de laboratoire
 Les chercheurs ont établi des paramètres pour déterminer les signes de dépression des animaux d’études que sont les primates et les rongeurs. Il fallait bien trouver un moyen car ces animaux ne peuvent pas nous dire ce qu’ils ressentent.

C’est en suivant l’anhédonie de ces animaux qu’ils ont pu déterminer ces paramètres. L’anhédonie est tout simplement une diminution de l’intérêt pour des activités ou des situations habituellement agréables.

Chez les humains, cela peut être un désintérêt de l’exercice, de lire un livre, d’aller voir un spectacle, …Cela se traduit par une incapacité à ressentir de la satisfaction ou du plaisir dans des situations qui autrefois procuraient ces sentiments.

Animaux tristes
 

  • Chez les rongeurs, les signes révélateurs sont :

·        La perte du goût pour le sucre

·        Préfère se réfugier dans les espaces sombres

·        Abandon lors de situations difficiles, ne cherche plus à lutter

*Chez les primates (animaux sociaux), les signes   de dépression sont :  

·        Perte d’intérêt pour les interactions sociales comme la communication et le toilettage réciproque.

Le problème de ces études réside dans le fait qu’elles sont faites dans des conditions de captivité, c’est-à-dire dans des conditions relativement appauvries par rapport à leur habitat naturel.

« Cela peut provoquer des changements dans le type de dépression », explique Olivier Berton, chercheur en neurosciences à l’Université de Pennsylvanie.

« Les sentiments de tristesse ou de léthargie peuvent ne pas être une réponse à la chimie du cerveau, mais plutôt être causés par les conditions de vie »

En conclusion, les signes ou le genre de dépression que nous observons chez les animaux de laboratoire ne peuvent pas être comparable à ce que nous trouvons chez les humains.

Un modèle naturel d’étude de la dépression  chez des singes
 

En 2015, des chercheurs chinois ont étudié plus de 1000 femelles macaques mangeur de crabes dans un grand centre d’élevage (plus ou moins un modèle naturel). Ils ont détecté près de 50 femelles ayant de signes de dépression :

·        Privilégier de faire des activités en solitaire

·        Limiter leurs déplacements.

·        Eviter les femelles atteints de ces signes de dépression

·        Rechercher des endroits plus sûrs, isolés pour se nourrir

·        Eviter les lieux de rassemblement 

Les femelles macaques « déprimées » ont été traitées avec un antidépresseur à base de kétamine.

Malheureusement il n’y a eu aucune amélioration significative des signes de dépression chez ces animaux. Pourtant un dérivé de la kétamine a montré son efficacité pour traiter la dépression chez l’être humain. 

Ceci démontre qu’il n’est pas toujours facile de déterminer les signes de dépression chez les animaux et qu’il ne faut pas les assimiler systématiquement à celles présentes chez l’être humain.

Ceci explique aussi les échecs de certains traitements contre la dépression chez l’être humain alors que cela fonctionnait dans certains modèles d’animaux de laboratoire lors des études.

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