Des images de chiens et de chiots errant à Tchernobyl, dans la région dévastée par l’explosion nucléaire survenue il y a 31 ans, bouleversent l’opinion publique. Ils ont des taux élevés de radiations, alors certains disent avec tristesse : « On ne peut même pas les caresser. »

La vérité, c’est qu’il n’est pas permis de les secourir et de les adopter pour s’occuper d’eux. 

Malgré tout, les organisations internationales travaillent avec eux quelques jours par an, en leur accordant de l’attention et de la nourriture, mais surtout en appliquant des mesures sanitaires draconiennes pour empêcher toute nouvelle prolifération.

Les chercheurs constatent que les animaux qu’ils examinent ont des niveaux de radiation élevés, jusqu’à 20 fois plus que la normale.

Les photos réveillent le souvenir d’un événement fatal de notre histoire. Il y a 31 ans, quelque chose ne s’est pas passé comme il fallait et la pire explosion nucléaire connue s’est produite dans cette région. Comme pour l’explosion du 11 mars 2011 à Fukushima, cela a pollué la terre, l’air et l’eau. Ces événements ont entraîné des niveaux élevés de radiations sur une grande partie de l’Europe et du Japon.

Plus de 50 000 habitants de Pripiat, une ville située à trois kilomètres de la centrale nucléaire de Tchernobyl, ont dû tout abandonner, y compris leurs animaux de compagnie. Ils n’étaient autorisés à emporter avec eux que des documents et de la nourriture.

Pripiat. En arrière-plan, la centrale nucléaire de Tchernobyl. (Wikimedia)

Les radiations affectent le niveau cellulaire du corps humain, de sorte que les maladies développées sont souvent silencieuses et chroniques. La qualité de vie des personnes irradiées ayant développé des pathologies s’en trouve diminuée, sans pour autant souffrir de malformations ou d’autres symptômes visibles.

Emmener un chien avec soi était considéré dangereux, surtout au contact des enfants, c’est comme ça que les animaux de compagnie ont été abandonnés par leurs maîtres, laissés sur place, sans personne pour s’occuper d’eux. Ils n’ont eu d’autre choix que d’être livrés à eux-mêmes.

Les radiations affectent également les territoires biélorusses. Voici un panneau qui interdit le passage à Tchernobyl.

« Les chiens ont dû se rendre compte que quelque chose n’allait pas. Au fil des heures, puis des jours, ils ont dû attendre devant la porte, écoutant le silence soudain de la ville, se demandant quand leurs maîtres allaient rentrer chez eux », a déclaré Up Wor Thy en présentant des images du photographe Sean Gallup, qui ont fait le tour du monde.

Le rapport de Gallup indique qu’environ 900 chiens errants vivent dans la zone d’exclusion de Tchernobyl, à 100 kilomètres au nord de Kiev, la capitale de l’Ukraine, dans une zone encore contaminée qui s’étend sur plus de 2500 kilomètres carrés. Les radiations sont tellement fortes que les visiteurs ne peuvent rester sur place que peu de temps.

Chiens oubliés dans Pripiat, près de Tchernobyl. (cleanfutures)

Malgré cela, plus de 2 000 personnes travaillent sur le site pour construire un sarcophage en vue de bloquer les radiations, une construction qui coûte des millions d’euros à l’Europe. Les chiens errants dorment à l’endroit même où se trouve la centrale nucléaire, ce qui pose problème.

Une vidéo intitulée Les chiots de Tchernobyl montre les animaux à proximité des opérateurs de la centrale nucléaire.

Selon les organisations locales, tous les animaux ne sont pas gentils ou amicaux, et c’est encore moins le cas pour les petits chiots. « Certains sont menaçants ou peuvent même être dangereux. »

Campagnes d’éradication

Clean Future Fund, un groupe de vétérinaires travaillant avec des responsables ukrainiens, affirme qu’avec ces chiens abandonnés « il y a un risque qu’ils attrapent et propagent la rage ou d’autres maladies des animaux vivant dans la région. »

Pour éviter cela, ils les vaccinent et les stérilisent dans une campagne qui se répète chaque année. Ils les étiquettent ensuite avec un collier distinctif et les relâchent, puis analysent les effets possibles qu’ils ont subis au cours de ces années.

L’organisation britannique Animal Four Paws s’est associée à l’organisation des États-Unis Clean Futures Fund et fait la même chose.

Julie Sanders, directrice de la campagne, a expliqué en août dernier que la survie des chiens est considérablement réduite si leur nombre augmente, en raison du manque de nourriture et d’abris durant les hivers extrêmement froids.

Yulia Marusich, spécialiste du département international de Tchernobyl, a déclaré à EFE en 2016 que, bien que l’environnement de travail ait été décontaminé, c’est la même chose que ce qu’on enregistre chez les chiens, soit 20 fois plus de radiations que la normale.

Après la campagne, qu’adviendra-t-il de ces jolis petits chiots ? Personne ne le sait. Ils devront probablement affronter l’hiver tout seuls, comme toujours, de même que les travailleurs – qui sont encore plus oubliés qu’eux – qui survivent chaque jour à cet environnement hostile contenant de fortes radiations.

Dans l’image suivante de Sean Gallup, vous pouvez voir une scène de vie quotidienne dans la zone de Tchernobyl.

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