Christophe Mourilhon est comportementaliste canin et pratique la médiation animale depuis 4 ans en Corse dans différents lieux tels les EHPAD, auprès des personnes atteintes de maladies de type Alzheimer, les maisons d’arrêt ou l’Institut médico-éducatif. Il intervient ponctuellement auprès de l’APF France Handicap et aujourd’hui dans “Groupe relais”, lors des permanences rurales à Propriano. Il y présente son métier encore mal connu. 

Qu’entend-on par la médiation animale ?

C’est une méthode qui favorise les liens naturels entre humains et animaux et peut être appliquée à des fins préventives, thérapeutiques ou récréatives. Les animaux de compagnie jouent un rôle important dans notre univers quotidien de la vie sociale affective et active. Le comportementaliste pour animaux de compagnie intervient comme médiateur dans la relation entre les personnes et les animaux de compagnie. Tous les spécialistes s’accordent à dire que la présence d’un animal aux côtés d’une personne âgée, malade ou même fragilisée ne peut être que bénéfique.

Il est prouvé que l’animal contribue au mieux être des personnes et renforce les soins ou l’accompagnement déjà mis en place par des professionnels de l’éducatif ou du soin.

Est-ce un métier reconnu ?

Je suis diplômé de l’école EAPAC (éthologie appliquée aux animaux de compagnie) qui est un organisme de formation accrédité par l’État pour délivrer le diplôme de comportementaliste-médiateur pour animaux de compagnie. En France, EAPAC est la seule formation de comportementaliste pour animaux de compagnie validée par l’État.

Quels sont les bienfaits de vos interventions ? 

J’interviens pour faciliter la communication, établir, rétablir, promouvoir la qualité relationnelle entre les personnes et les animaux de compagnie. Il s’agit d’une véritable activité de médiation au sens où on l’entend généralement dans le domaine des relations humaines. La médiation animale stimule et va permettre à la personne de retrouver l’éveil et d’avoir confiance en elle. Le simple fait de brosser un chien par exemple améliore l’estime de soi. Pour Agnès C., la médiation animale favorise sa concentration et diminue son stress ou son angoisse. Elle facilite son intégration dans son milieu de vie et lui permet de maintenir ses relations sociales.

Les animaux font partie de notre univers, ils poussent la personne à se dépasser, ils accompagnent, ne trahissent pas, ne renvoient pas aux difficultés, bien au contraire. Regardez William qui nous dit en parlant du chien présent : “Il a l’air de m’écouter, d’entendre, d’être toujours d’accord.” La façon d’intervenir dans la relation à trois (animal/médiateur/individu) est anxiolytique et amène une construction thérapeutique efficiente.

Concrètement comment intervenez-vous ?

J’interviens le plus souvent avec une chienne Labrador. Les séances de médiation animale se font en petit groupe de 3 à 6 personnes ou individuellement. Les animaux sont capables de créer un lien social fort et immédiat avec des patients parfois seuls, parfois malades, voire les deux. Des gens qui ont le sentiment d’être exclus de la société peuvent même retrouver une meilleure image d’eux-mêmes. C’est le cas des personnes incarcérées notamment. La relation avec un animal nous fait évoluer personnellement, car l’animal ne nous juge pas dans la relation. Les barrières que l’on met dans une relation avec un humain disparaissent avec un animal.

Pensez-vous que votre activité évolue dans le bon sens en France ?

Oui, la médiation animale est maintenant reconnue. Dans le respect du bien-être animal, le comportementaliste-médiateur pour animaux de compagnie intervient dans une démarche éthique en aidant et accompagnant des personnes, des groupes ou des familles dans leurs relations avec le monde. Ma profession a de

beaux jours devant elle car en Europe les résultats sont reconnus et les équipes médicales collaborent fréquemment avec nous sur les sujets du comportement et l’autonomie des personnes.

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