Depuis qu’il a débarqué en France par bateau un jour de 2004 avec des bambous importés, le frelon asiatique ne cesse de nuire et proliférer. Sa première cible, les abeilles qu’il dévore sans états d’âme. Mais il peut aussi s’attaquer à l’homme et sa piqûre peut devenir mortelle. Un vrai casse-tête sanitaire. Heureusement depuis quelques mois des solutions efficaces sont testées.

Il tue une abeille par minute

Il ne mesure que 3 centimètres et pourtant il rend fous les apiculteurs de nos régions. Le frelon asiatique s’attaque en priorité aux abeilles, son met de prédilection, et peut décimer des ruches entières. Contrairement au frelon européen il possède un corps plus sombre, ses pattes sont jaunes et son abdomen est cerné d’un anneau orangé.

Après avoir arraché les pattes et les ailes, il broie le thorax de sa victime pour en faire une boulette très nutritive et riche en protéines pour nourrir ses propres larves. Depuis son arrivée il progresse sur le territoire à hauteur de 100 km par an et aucune région ne lui échappe. Selon l’Inventaire national du patrimoine naturel, le frelon asiatique est bel et bien présent partout en France. Vous pouvez d’ailleurs suivre précisément son évolution sur le territoire français sur une carte mise à disposition par l’INPN
 

La destruction des nids est controversée car les produits utilisés ont parfois un impact direct sur la biodiversité. Certains pensent que ces produits sont plus néfastes pour les abeilles que ne l’est le frelon asiatique. Et jusqu’à présent aucun piège naturel n’avait obtenu de résultats satisfaisants.
 

Les pompiers participent activement à la lutte contre le frelon asiatique. Dans l’Oise ils utilisent même le fusil ball pour venir à bout de ce nuisible. “Chaque nid fait l’objet d’une trentaine de tirs. Le résultat est presque instantané, mais il faut environ 72h pour être certain du résultat final, par sécurité”, précise le SDIS 60. 

 

Des pièges qui préservent la biodiversité

Depuis peu deux inventeurs, dont un récompensé par le concours Lépine, ont mis au point des pièges qui sélectionnent leurs proies.  Denis Jaffré, apiculteur, a pendant 6 ans vu ses ruches décimées par les frelons asiatiques. Le principe ?  « Il s’agit d’un dispositif filtrant qui interdit l’entrée du frelon européen, retient le frelon asiatique et qui permet la sortie des autres insectes comme les abeilles et les guêpes », explique son inventeur. 

Un piège à frelons primé au concours Lépine

Jean Pierre Thomain, un apiculteur amateur a lui aussi inventé un système. Il a déjà piégé des centaines d’individus : « Je piège 90 ou 95% de frelons asiatiques et j’ai très peu de frelons européens », explique-t-il. Une association de la région a senti le potentiel commercial derrière son invention : une production à plus grande échelle est à l’étude.

Il s’attaque aussi à l’homme

« A 5 minutes près j’étais morte », explique  Jeannette Chalier victime d’une attaque,  dans son jardin en Picardie,  d’une quinzaine de frelons asiatiques. Un vrai traumatisme :  « L’un d’eux s’est littéralement jeté sur moi, c’était vraiment comme un kamikaze et il m’a piqué sur le bras ». Heureusement Jeannette a eu le bon réflexe : elle a tout de suite appelé les pompiers. C’est la seule chose à faire dans ces cas-là. Comme le dit le pompier qui l’a secourue,  « oubliez les remèdes de grand-mère, gardez votre calme et appelez les secours ». Il faut savoir qu’à la différence d’une guêpe qui perd son dard à la première attaque, le frelon asiatique peut piquer, et piquer encore tout en injectant son venin. Un acharné qui peut causer un choc anaphylactique.  Cette réaction allergique qui peut mettre notre vie en danger.
 Le 6 septembre 2017, c’est une dizaine d’adolescents du collège André-Malraux, à Amboise (Indre-et-Loire), qui a été piquée par des frelons asiatiques. Ils se trouvaient en récréation au moment de l’attaque. Hospitalisés rapidement, tout s’est heureusement bien terminé pour eux. 
 
Quelques jours plus tôt, le 3 septembre 2017, sur la commune de Crozon-sur-Vauvre, un groupe de randonneurs a été assailli par une avalanche de piqûres venimeuses. Déboussolées, acculées, prises au piège ils ont eu le réflexe d’appeler les secours.
 

Des règles à respecter 

Dans la majorité des cas, les nids sont en hauteur. Il ne faut surtout essayer de les déloger soi-même. Il faut prévenir les pompiers qui sont formés à ce genre d’intervention. Pour les nids qui ne sont pas en hauteur, il ne faut pas s’en approcher : les frelons peuvent répondre violemment pour le défendre. La zone critique est d’une quinzaine de mètres autour du nid. Lors de leurs interventions, les pompiers mettent en place des périmètres de sécurité de 50 mètres.

Source link