Aux Pays-Bas, selon un récent rapport publié dans Emerging Infectious Diseases, une infection à Brucella suis biovar 1a été diagnostiqué chez un chien ( un Staffordshire terrier américain, âgé de 6 ans) sans exposition aux risques habituels.

Le chien avait été nourri avec un régime alimentaire à base de viande crue (carcasses de lièvre importées d’Argentine). Selon l’enquête cette viande est la source d’infection la plus probable.

Le chien a eu une  fièvre, une ascite et une épididymite / orchite ( inflammation des testicules ) ont été détectées.Comme les signes cliniques ne se sont pas améliorés après un traitement d’antibiotiques , le chien a été stérilisé.

Pendant la chirurgie, les vétérinaires ont noté un exsudat purulent de l’épididyme; cet exsudat et ce liquide abdominal ( ascite) ont été recueillis et soumis à un laboratoire de diagnostic vétérinaire de routine.

Le laboratoire de référence national néerlandais a identifié  Brucella suis biovar 1

Malgré un traitement avec la doxycycline (10 mg / kg 1 x / j pendant 14 jours à partir du 3e jours après la stérilisation), le chien ne s’est pas rétabli et, en raison du mauvais pronostic, a été euthanasié.

La brucellose est une maladie à déclaration obligatoire aux Pays-Bas, le Centre Incidence Crisis de l’Autorité néerlandaise de sécurité des aliments et des produits de consommation a été informé. Le Centre a commencé des investigations pour retracer la source de l’infection.

Les propriétaires du chien  ont été invités à lister tous les chiens ayant eu des contacts fréquents avec leur chien au cours des 2 ou 3 mois précédents.Cinq chiens ayant eu des contacts ont été identifiés , des échantillons de sang ont été prélevés (deux fois à 4 semaines d’intervalle) pour des tests sérologiques.Tous les chiens ont donné des résultats sérologiques négatifs.

Toutes les personnes qui avaient été en contact avec le chien ou avec des échantillons du chien ou des carcasses de lièvre, ainsi que 5 techniciens de laboratoire qui avait été exposés à des cultures pour l’identification bactérienne ont reçu une prophylaxie post-exposition et ont été testés. Aucun cas n’a été testé positif.

Source de l’infection

Les propriétaires du chien  n’ont signalé aucun risque d’exposition, sauf que le chien a été nourri avec un régime à base de viande crue ( notamment du lièvre cru  non transformé) t. Comme la consommation de viande crue est associée à des infections à Brucella suis chez le chien , l’alimentation a été considérée comme une source potentielle d’infection.

Brucella suis biovar 1 est une menace potentielle pour l’industrie de l’élevage porcin.

 

Rappels sur la brucellose

La brucellose est une des maladies les plus graves du bétail, compte
tenu des dommages causés par l’infection chez les animaux. la production
de lait diminuée, perte de poids, perte de jeunes, l’infertilité, et la
boiterie sont certains des effets sur les animaux.

La brucellose est une anthropozoonose due à des bactéries du genre Brucella. Elle demeure endémique dans le Bassin méditerranéen, le Moyen Orient, en Asie, en Afrique et en Amérique latine.

Le réservoir animal est constitué par de nombreux animaux terrestres. Les principales espèces de Brucella sont :

  • Brucella melitensis : ovins, caprins (Bassin méditerranéen, Moyen-Orient)
  • Brucella abortus : bovidés (ubiquitaire)
  • Brucella suis : suidés (Amérique, Asie, Océanie).

A partir des animaux, la contamination humaine peut être :

directe, cutanéo-muqueuse (1 cas sur 2), pour certaines professions
exposées comme les éleveurs, les fermiers, les travailleurs des
abattoirs et les vétérinaires (avortements, mises à bas du bétail),
contamination surtout par voie cutanée (peau saine, plaies), plus
rarement muqueuse (conjonctivale) ou aérienne ;

indirecte, digestive (1 cas sur 2), en cas de comportement à risque
: consommation de lait cru ou de fromages artisanaux notamment. Cette
situation peut être rencontrée chez des touristes qui voyagent en
partageant le mode de vie des populations locales, en particulier sur le
plan alimentaire.

 

La brucellose se présente dans sa phase aiguë avec une fièvre
prolongée, ondulante, sudoro-algique, avec des sueurs profuses nocturnes
malodorantes (odeur de paille mouillée) et des arthromyalgies, ou avec
une primo-invasion a minima pseudo-grippale, voire silencieuse.

Après une atténuation des symptômes cliniques, on observe la survenue
possible de localisations septiques secondaires. Cette phase chronique
évolue pendant plus de six mois, avec ou sans localisation secondaire
identifiable (ostéoarticulaire, cardiaque, neurologique, hépatique,
uro-génitale ou digestive).

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