Le lézard-crocodile vietnamien, la tortue mangeuse d’escargot, la chauve-souris fer à cheval des montagnes… 27 animaux découverts en 2016 dans la région du Grand Mekong viennent d’être classés comme nouvelles espèces. Cette région internationale entourant le bassin du fleuve Mekong et traversant la Chine, le Laos, le Cambodge, la Birmanie, la Thaïlande et le Vietnam, est l’un des écosystèmes les plus riches au monde. Elle intègre des zones géographiques et des climats très différents, très propices au développement de nouvelles espèces. Entre 1997 et 2016, 2 554 nouvelles espèces animales et végétales y ont été découvertes, soit plus de deux chaque semaine.

La découverte des nouvelles espèces pour Nicholas J. Fox, directeur de la conservation à WWF Asie du Sud-Est, c’est « d’un côté incroyablement excitant, mais cela nous encourage aussi à travailler plus dur pour nous assurer que non seulement nous protégeons leur habitat, dont nous sommes aussi bénéficiaires, mais aussi que nous améliorons les lois pour nous assurer qu’ils ne soient pas victimes du trafic. »

La région fait effectivement face à une double menace. D’une part, le développement économique, avec la construction de mines, de routes et de barrages. Et, d’autre part, le braconnage est particulièrement pratiqué au Triangle d’or, aux confins du Laos, de la Thaïlande et de la Birmanie, où la viande d’espèces menacées se vend très cher. Ces menaces qui pèsent sur la région mettent donc en péril le mode de vie des 300 millions de personnes qui y vivent, et qui dépendent de l’équilibre de l’écosystème. 

Pour ces raison, la région du Grand Mekong est également l’un des cinq écosystèmes les plus menacés au monde.